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Vaincre le VIH, peut-être bientôt une réalité grâce au vaccin

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Publié le 5/12/2021

Le premier rapport publié sur le sida (syndrome d’immunodéficience acquise) a été publié en 1981 et portait sur le cas de cinq hommes traités pour une pneumonie. En 2019, 1,7 million de nouvelles contaminations par le VIH, le virus responsable du sida, ont été recensées par l’OMS. Actuellement, aucun médicament ne permet d’en guérir. Seuls de lourds traitements permettent aux personnes malades d’avoir une vie à peu près normale. La France est l’un des principaux acteurs internationaux de la recherche d’un vaccin préventif. Le VIR (l’Institut de Recherche Vaccinal) effectue en ce moment même des essais cliniques sur des volontaires.

Qu’est-ce que le VIH?

Ce virus, que l’on retrouve à l’origine chez les singes, est responsable de la maladie appelée sida. Il est de type lentivirus de la famille des rétrovirus. Cela signifie qu’en l’observant on voit, dans un premier temps, une sphère munie à sa surface de plusieurs clés qui lui permettent de s’attacher à des cellules pour mieux les contaminer. Au-delà de cette première barrière, on en décèle une seconde contenant et protégeant protéines et matériel génétique. Ce matériel génétique ne se présente pas sous forme d’ADN (comme nous), mais d’ARN. L’ARN est l’une des étapes permettant de produire des protéines à partir de l’ADN.




Schéma du virus du VIH

Le «but» du VIH est de contaminer des cellules de notre système immunitaire (nos soldats nous protégeant contre les intrus) pour mieux se reproduire. Quant aux cellules rescapées, le virus leur envoie un signal afin qu’à terme elles soient détruites. Chez l’homme, les cellules prises pour cible sont les lymphocytes T CD4+, les macrophages et cellules dendritiques. Toutes ont pour rôle de nous protéger en cas d’attaque. Le VIH détruit donc au fur et à mesure nos défenses et permet à d’autres maladies de se développer car les soldats protégeant notre corps n’existent plus ou en très faible effectif.

Une invasion bien rodée

Pour que l’invasion se fasse dans les règles, le virus s’amarre à la pauvre cellule qui s’apprête à être transformée en usine à VIH. Pour cela, le virus possède différentes clés à sa surface. Celles-ci sont là pour tromper la cellule et lui faire croire qu’il agit en tant qu’allier et non en tant qu’ennemi. La grande difficulté pour les scientifiques et nos petits soldats du système immunitaire est que le VIH a une grande capacité à changer ses clés et d’adaptation.

Une fois le contact établi, le virus insère son matériel génétique, l’ARN, ainsi que ses protéines dans la cellule. Les protéines du VIH vont permettre de «transformer» cet ARN en ADN et de l’emmener dans le noyau de la cellule. De là, l’ADN du VIH va s’intégrer à notre ADN, ce qui par divers mécanismes va permettre de produire de nouveaux virus. Des virus tout neufs vont alors bourgeonner comme des fleurs sur la membrane de la cellule contaminée.





Schéma de la reproduction du virus du VIH au sein de nos cellules

Le Arsène Lupin des virus

Le VIH-1 (forme humaine du VIH) possède une très grande capacité de mutation et donc à changer ses clés d’identification. Le système immunitaire ne sait plus qui il est et s’il s’agit d’un ami ou d’un ennemi. Le problème est similaire pour l’élaboration d’un vaccin. Lorsque l’on produit un vaccin, il faut lui permettre de reconnaître l’élément dangereux dans le corps. Le vaccin aidera donc notre armée de défense (le système immunitaire) en apprenant à reconnaître cet ennemi. Mais quand celui-ci change très souvent d’identité, le challenge est tout autre…

La résistance est en marche

L’Institut de recherche vaccinal a lancé le mois dernier les premiers essais cliniques d’un vaccin préventif contre le VIH sur des volontaires. Ce vaccin a pour but d’éviter toute transmission du virus en faisant de la prévention. Son nom: «CD40.HIVRI.Env». Il consiste en l’injection de protéines, les anticorps monoclonaux qui, habituellement, ciblent et neutralisent les intrus dans notre corps. Dans ce cas précis, ces anticorps vont s’attaquer aux cellules dendritiques, une catégorie de nos soldats très souvent envahis et utilisés par le VIH.



Schéma d’une cellule dendritique infectée par le VIH cibler par les anticorps du vaccin

C’est la première fois qu’un vaccin s’attaque à ce type de cellules. Il est le seul actuellement en phase clinique I, c’est-à-dire que les chercheurs et médecins évaluent sa toxicité ou non. Mais ce n’est pas tout. Il est également actuellement étudié en combinaison avec un second vaccin de type ADN qui, lui, est déjà en phase II/III.

Un vaccin à ADN a pour but d’injecter un morceau d’ADN renfermant une partie du code du virus directement dans les cellules. L’ADN va donc s’intégrer dans le nôtre pour, par la suite, permettre une meilleure reconnaissance du virus par nos troupes de défense.

La phase clinique II/III permet quant à elle de déterminer la meilleure dose de vaccin à administrer aux patients et de contrôler son efficacité avec un placebo (un leurre).

La durée de cet essai clinique s’effectue sur 12 mois et compte 72 volontaires âgés de 18 à 65 ans.

Quand Harvard s’en mêle

Le sida est un enjeu sanitaire planétaire. Nous avons beau subir actuellement une pandémie, il est important de ne pas négliger les autres maladies et pathologies qui sévissent à travers le monde et tuent des millions de personnes. En 2017, l’essai IMBOKODO a été lancé par l’équipe de l’école de médecine d’Harvard, mené par le professeur Dan Barouch et l’industrie pharmaceutique Janssen. Un autre type de vaccin, appelé «mosaïque», a été mis au point ici. Celui-ci est composé d’ARN renfermant le code de différentes protéines propres au VIH, tout ceci empaqueté dans une «coquille» de virus. Son type «mosaïque» lui permet de renfermer de multiples codes lui permettant d’identifier plusieurs variations et mutations de clés mises en place par le VIH pour contrer les systèmes de défense de notre organisme. C’est grâce à cette technique que les équipes de chercheurs et médecins comptent identifier et contrer plusieurs mutations du virus. L’essai a actuellement lieu en Afrique du Sud sur 2 600 femmes séronégatives afin d’évaluer son efficacité et sa sécurité. Les résultats de l’étude sont prévus pour cette année. Des lueurs d’espoir qui se transformeront un jour en véritables solutions pour contrer ce virus.

Sources:

1. Angel, C. J. L. & Tomaras, G. D. Bringing the path toward an HIV-1 vaccine into focus. PLOS Pathogens 16, e1008663 (2020).

2. Des volontaires recherchés pour un essai vaccinal innovant contre le VIH. Salle de presse | Inserm https://presse.inserm.fr/des-volontaires-recherches-pour-un-essai-vaccinal-innovant-contre-le-vih/42287/ (2021).

3. Trovato, M., D’Apice, L., Prisco, A. & De Berardinis, P. HIV Vaccination: A Roadmap among Advancements and Concerns. Int J Mol Sci 19, (2018).

4. HIV Vaccine - an overview | ScienceDirect Topics. https://www.sciencedirect.com/topics/immunology-and-microbiology/hiv-vaccine.

5. Lelièvre, J.-D. Les vaccins de demain. Rev Francoph Lab 2019, 52–63 (2019).

6. Venkatesan, P. Preliminary phase 1 results from an HIV vaccine candidate trial. The Lancet Microbe 2, e95 (2021).

7. Mothe, B. & Brander, C. Small steps forward for HIV vaccine development. Nature Medicine 26, 466–467 (2020).

8. Dieffenbach, C. W. & Fauci, A. S. The search for an HIV vaccine, the journey continues. J Int AIDS Soc 23, (2020).

9. Un vaccin français préventif contre le VIH à l’essai. Franceinfo https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-billet-vert/un-vaccin-francais-preventif-contre-le-vih-a-l-essai_4293891.html (2021).

10. Vaccin et VIH. Sidaction https://www.sidaction.org/vaccin-et-vih.




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